Au cinquième jour de la grève contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, ils étaient 15 à 20.000 selon les organisateurs, 8.000 selon la préfecture de police, à avoir répondu à l'appel d'organisations libérales comme l'association "Liberté chérie" ou "Contribuables associés".
Alors que se poursuit le mouvement de contestation de la loi Pécresse dans les universités (mouvement infondé vu la faible amibtion libérale de la loi), le syndicat étudiant Uni (droite) était également très présent, brandissant des pancartes: "il est interdit d'interdire aux étudiants d'étudier", clin d'oeil au slogan de mai 68: "il est interdit d'interdire".
Sur les revers des vêtements, beaucoup d'auto-collants "stop la grève" et, dans la foule, des pancartes sur le modèle de la main de "touche pas à mon pote", avec un nouveau slogan: "bloque pas ma fac".
"Nous ne sommes pas anti-grève, nous sommes pour les réformes et contre les blocages dus à l'échec du dialogue social", a tempéré Edouard Fillias, président d'Alternative Libérale, l'un des organisateurs de la manifestation. (Lui il est bien, mon slogan serait FILLIAS A BERCY... entre nous, ce serait un moyen de virer Lagarde)
"Ce gouvernement balade les citoyens avec des réformettes. Nous soutenons les vrais réformes. On veut un dialogue social à l'allemande", a-t-il déclaré. Bon pour les grèves en Allemagne c'est pas au top en ce moment mais, il est vrai que les ambitions réformatrices du gouvernement s'estompent.
L'atmosphère était bon enfant (normal on est dans une manif de droite, on ne jette pas de pavés et on bloque pas les trains) chacun s'étant bien emmitouflé pour résister à un froid vif, jeunes en trottinette, parents poussant des voitures d'enfant, cyclistes de tous âges descendus de vélo en fin de cortège et, perdu au milieu de la foule, un manifestant agitant un grand drapeau tricolore.
Plus inattendus, ces deux jeunes gens coiffés d'un chapeau mexicain, avec leurs pancartes: "Faites l'amour, pas la grève" (ça fait moins mal!)
Signe d'une certaine improvisation, de nombreux calicots avaient été écrits au feutre sur un drap, notamment en tête du cortège que précédait un camion aux baffles hurlant "YMCA" des Village people sur des paroles au goût du jour: "SNCF, il faut qu'tu bosses!"
D'autres banderoles plus sophistiquées témoignaient d'une plus grande organisation : "le privé vache à lait du public, ça suffit, halte aux privilèges", ou "stop aux bloqueurs et à leurs méthodes fascistes". Je pourrais en trouver d'autres... Les patrons dans les facs, moins d'impôts et moins de socio...
"On est là pour dire non à tous les blocages", a lancé au départ du cortège un orateur juché sur le camion de tête.
"Les cheminots au boulot", a répondu la foule sur l'air des lampions. Puis plus tard: "Fillon, tiens bon!" (Je connaissais "courrage fuyllons")
Edouard Fillias s'est félicité d'une "affluence au-delà de nos espérances". (Enfin des libéraux en France!!! Il aura fallu attendre 1 200 000 000¤ de dettes)
Mais pour lui, ce n'était qu'un "tour de chauffe": "Nous remettrons ça la semaine prochaine dans toutes les villes de France". On y va??? A vos pancartes, on fait comme les gauchos en mieux!
L'UMP pour sa part n'a pas exclu d'organiser ultérieurement des manifestations d'usagers si les grèves devaient se poursuivre. (Le pouvoir avait à manifester mais à AGIR, je dirais "UMP au boulot", déçois pas tes électeurs et débloque les facs! D'ailleurs, que le gouvernement s'amuse à reculer sur ces réformes économiques de bon sens ou qu'il abandonne les facs aux bloqueurs, il le payera aux prochaines élections).
PLUS DE REFORMES!
